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le 29/07/2007

 

 

Les cotes monture et cotes montage sont nécessaires :

  • Pour déterminer le diamètre du verre à commander à l'atelier de surfaçage.
  • Pour éventuellement optimiser les épaisseurs lors du calcul des épaisseurs du verre (Verre sur mesure ou verre précalibré).
  • Pour réaliser le montage dans la monture.

 

 

Les cotes monture :

Le plus souvent, ces cotes sont données suivant la norme nommée « Boxing » (qui vient du mot « box » boîte en Anglais). Le principe est d’encadrer la forme de la monture dans un rectangle et d’en donner les dimensions.

  • On appelle « axe boxing », l’axe horizontal qui passe au milieu du calibre (à B/2).
  • On appelle «  centre boxing » le centre du rectangle qui contient la forme de la monture.





 

  • La largeur boxing, généralement notée A, correspond à la largeur du calibre.
  • La hauteur boxing, généralement notée B, correspond à la hauteur du calibre.

  • La largeur du nez N, correspond à la plus petite distance entre les deux verres





Il existe une autre méthode nommée « DATUM » pour mesurer les cotes de la monture. La largeur A est mesurée sur l’axe boxing de la monture et le nez N correspond à l’écart au niveau de l’axe boxing. Par contre, la hauteur B est la même qu’en Boxing. Cette méthode de mesure est ancienne et n’est normalement plus utilisée mais on peut encore trouver des opticiens qui l’utilisent ou des montures dont les cotes sont indiquées en DATUM.

Les cotes Boxing et DATUM étant différentes, il est important de bien savoir quelle méthode est utilisée. Cela peut être une source importante d’erreur.

Une autre dimension souvent utilisée chez les opticiens, est l’écart monture (notée EM sur le dessin). L’écart monture correspond à la distance entre les centres boxing des deux verres. Mais comme le montre le dessin, on peut facilement la mesurer, du bord temporal du verre droit et le bord nasal du verre gauche.
Noter que EM = A + N
Dans le cas de montures cerclées, les dimensions doivent être mesurées au fond du drageoir pour qu’elles correspondent mieux aux dimensions du verre à réaliser.

 


Ecarts et hauteurs pupillaires :

 

L’écart pupillaire

Pour pouvoir positionner du verre dans la monture, l’opticien doit d’abord connaître la position de la pupille dans la monture. Pour cela, il mesure « les écarts pupillaires ». Si les pupilles sont symétriques de part et d’autre du nez, l’opticien peut donner l’écart total PD, sinon il mesure séparément chaque « demis-écart pupillaires » RPD et LPD à partir du milieu du nez. On fait souvent un abus de langage, lorsque l’on parle des écarts pupillaires, on parle en fait, des demis-écarts (ex : on dit les écarts sont 32 et 31.5 ; ou sinon l’écart total est de 63.5).




Les écarts pupillaires sont généralement mesurés avec un pupillomètre. L’appareil est placé sur le nez du porteur. Un faisceau lumineux est envoyé sur la cornée du porteur et l’opticien aligne un réticule sur le reflet de cette lumière sur la cornée. Les valeurs des écarts droits et gauches s’affichent alors sur un écran (ou sur une règle graduée).

Le pupillomètre permet aussi de mesurer les écarts en vision de près, en forçant le porteur à converger sur une image située à une trentaine de centimètre de ses yeux. Les écarts VP sont nécessaires pour des verres de vision de près (lunettes utilisées uniquement pour la lecture par exemple). En vision de près, la pupille se rapproche du nez, en moyenne de 2.5 à 3mm par rapport à l’écart en vision de loin.





La hauteur pupillaire

Pour mesurer la hauteur pupillaire, l’opticien place la monture sur le nez du porteur et utilise généralement un simple réglet.

Cette hauteur est souvent mesurée à la verticale de la pupille (comme PH1) car cette méthode est la plus simple (parfois appelée hauteur DATUM). On peut aussi la mesurer en boxing à partir de la tangente au bas de monture (comme PH2), mais c’est un peu plus compliqué à mesurer si la tangente au bas de monture est éloignée de la pupille (comme pour le style de monture de cet exemple).



Bien entendu, la hauteur pupillaire dépend beaucoup de la façon dont la monture se place sur le nez du porteur. En écartant ou rapprochant les plaquettes du nez, l’opticien peut remonter ou descendre la position de la monture et donc modifier légèrement (de d’1 à 2 mm) la hauteur pupillaire. Cette technique est d’ailleurs largement utilisée pour corriger un léger problème de montage.


Il existe aussi des appareils beaucoup plus sophistiqués qui mesure la position de la pupille à partir d'une image du porteur équipé de sa monture, prise avec une caméra.

Les écarts et hauteur pupillaire doivent être mesurés avec précision car ils ont une influence importante sur le confort visuel du porteur. Une mesure manuelle au réglet nécessite une certaine habitude pour obtenir la précision nécessaire.

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Les cotes montage :

Une fois les écarts et hauteurs pupillaires mesurés, l’opticien ne transmet pas ces données tel quel au laboratoire de surfaçage, mais il doit indiquer les écarts et hauteurs de montage. Ces cotes sont évidement liées à la position de la pupille, mais sont données de manière différente suivant le type de verre :

 

Verres unifocaux ponctuels

Dans le cas des verres unifocaux ponctuels (c’est à dire non asphériques), le PRP (Point de Référence du Prisme) du verre est généralement placé exactement face à la pupille (Ecart montage = Ecart pupillaire et Hauteur montage = Hauteur pupillaire). Dans la pratique la hauteur pupillaire n’est pas toujours mesurée pour ce type de verres et beaucoup de monteurs placent systématiquement le PRP du verre directement sur l’axe boxing ou 2 à 3 mm au-dessus (ex : hauteur = boxing.+2).





Verres unifocaux asphériques

Les verres asphériques nécessitent un montage particulier. En effet, pour que l’asphéricité joue son rôle correctement, l’axe optique du verre, doit passer par le centre de rotation de l’œil.

 

Si H est la hauteur pupillaire, comme le verre est incliné d’un angle a (angle pantoscopique de la monture), pour que l’axe optique du verre passe par le centre de rotation de l’œil, il faut monter le verre légèrement plus bas (y mm plus bas). La hauteur de montage Fh = H – y.

Soit D la distance entre le verre et le centre de l’œil (environ 30mm) et a l’angle pantoscopique (environ 8°), on peut calculer le décalage y = D * Sin(a) (environ 4mm avec les valeurs indiquées) mais dans la pratique, on applique souvent une valeur fixe y = 3 à 4.

 



 

 

 

Il existe une meilleure méthode permettant de mesurer directement la hauteur montage. Pour ce faire, il faut demander au porteur de relever la tête jusqu’à ce que le plan de la monture soit vertical (on annule ainsi l’angle pantoscopique). On peut alors mesurer directement la hauteur montage correcte Fh.

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

Cas particulier de l’Asphérique monté en vision de près

Au départ, lorsque l’on a commencé à utiliser les verres Asphériques pour la vision de près, on utilisait naturellement les écarts en VP (Vision de Près) comme pour les autres unifocaux. On s’est très vite aperçu que l’on obtient un bien meilleur confort visuel si on monte ces verres en utilisant la hauteur en VP mais les écarts en VL (Vision de Loin).

 

Cette constatation s’explique de la même manière que pour la hauteur mais cette fois dans le sens horizontal. Pour que l’axe optique du verre passe par le centre de rotation de l’œil, le dessin montre qu’il faut monter les verres en écart Vision de Loin et non pas en VP. Effectivement, le dessin montre aussi que dans cette configuration, l’œil regarde au bord du verre et subit donc un effet prismatique (base externe ici), mais l’expérience montre que cette configuration est mieux supportée. Par ailleurs tous les porteurs de verres de vision de loin sont dans la même configuration lorsqu’ils lisent.

Montage en écart VP (moins bon)

car l’axe optique passe à coté du centre de l’œil

 

Montage en écart VL (meilleur confort)

L’axe optique passe bien au centre de l’œil

 

 

Verres bifocaux

Les bifocaux sont un cas particulier car l’élément principal à positionner, est le segment. Pour des raisons esthétiques, on cherche à positionner le segment de manière symétrique sur les verres droit et gauche (si possible).


Les écarts pupillaires sont généralement donnés en VL mais certains les donnent en VP (l’opticien doit alors le préciser).

La hauteur de montage (H) par contre correspond toujours à la hauteur entre le bas de la monture et le bord supérieur du segment.

Par défaut, le PRP est placé à une valeur fixe (appelée Upset en anglais) au-dessus du segment. Généralement l’Upset = 4 à 5 mm pour les bifocaux (2mm pour les Trifocaux). Le décalage horizontal entre le PRP et le centre du segment s’appelle l’Inset en anglais (il est généralement de 2.5 à 3 mm).



Verres progressifs

Dans le cas des progressifs, la géométrie progressive du verre est repérée par un marquage à l’encre réalisé sur la face avant du verre.

Le marquage permet de repérer les éléments suivants :

  • L’axe horizontal

  • Le PRP (Point de Référence du Prisme).

  • La croix de centrage FC (Fitting Cross). C’est en face de cette croix que doit être placée la pupille. La croix de centrage est généralement placée 2 ou 4 mm au-dessus du PRP.

  • Le cercle de contrôle de vision de loin FV (Far Vision) indique l’endroit où on doit contrôler la puissance du verre en vision de loin.

  • Le cercle de contrôle de vision de près NV (Near Vision) indique l’endroit où on doit contrôler la puissance de l’addition.

Noter que les cercles FV et NV ne sont que des points de contrôle. Ils ne représentent pas la position réelle de la VL et de la VP.

 

 

Pour un verre progressif, la hauteur de montage H et les écarts pupillaires PD correspondent à la position de la croix de centrage.


 

Détermination du diamètre :

A partir des cotes monture, des écarts et hauteurs de montage, on peut déterminer le diamètre minimum nécessaire. Plusieurs méthodes sont possibles :



Utilisation des plaquettes de montage

Les laboratoires de surfaçage fournissent aux opticiens des plaquettes permettant de déterminer le diamètre du verre. On place la monture sur la plaquette en la positionnant suivant les écarts et hauteurs de montage. On peut alors lire directement le diamètre minimum nécessaire.



Les plaquettes de montage sont spécifiques à chaque produit.












 

Détermination approximative du diamètre par calcul

Le principe consiste à ne tenir compte que du décentrement horizontal entre le centre du verre et le centre du calibre (comme si la pupille était sur l’axe boxing).

Soit

EM      : l’écart monture

RPD    : Le demi-écart montage

D         : La plus grande diagonale du calibre

 

 

 

 

On obtient le diamètre mini nécessaire (approximatif) pour le verre droit, par la formule :

  Dia »   EM + D – 2 * RPD

 

Exemple pour un écart monture EM = 72, une diagonale calibre D = 55 et un demi-écart montage RPD = 30, on obtient un diamètre (72 + 55 – 60 = 67 mm).

Attention, dans le cas d’un produit décentré, il s’agit du diamètre apparent (diamètre coté temporal), Dans l’exemple, un verre 65/70 est suffisant. Il est conseillé de garder 1 à 2 mm de plus par sécurité.



Détermination du diamètre par mesure directe sur la monture


Le principe consiste à tracer au feutre, la position de montage sur le verre de présentation de la monture (à partir des cotes montage). On peut alors directement mesurer au réglet, la distance d entre le point de montage et le bord le plus éloigné de la monture  (généralement coté temporal) Le diamètre minimal nécessaire est alors égal à d * 2. Attention, dans le cas d’un verre progressif, il faut tracer la position du PRP (2 à 4mm sous la croix de centrage) et non pas position de la croix de centrage. Là encore, pour un verre décentré, il s’agit du diamètre apparent et il faut ajouter 1 à 2 mm de sécurité.



 

Cotes monture et Cotes montage
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